LA TOILE DE JOUY, JOYAU DU PATRIMOINE TEXTILE FRANÇAIS.

Elle a fait fureur à la fin du XVIIIè siècle, elle a fait la gloire du textile français, elle a fait la renommée de son créateur, elle a décoré les plus prestigieux intérieurs, elle a inspiré les plus grands, elle est un monument du patrimoine français…nous parlons bien sûr de la célèbre toile de Jouy. Le Lissier vous invite à la découvrir plus intimement et remonte pour cela un peu le temps…

À l’origine, une prohibition.

Au XVIIè siècle, la France s’entiche des « indiennes », ces étoffes de coton imprimées de motifs floraux et colorés venus des Indes. L’importation ne pouvant satisfaire à la demande, l’imitation commence. Drapiers normands et soyeux lyonnais ne l’entendent pas de cette oreille et usent de leur influence jusqu’à faire interdire l’indiennage (technique d’impression) et finalement les indiennes. À la levée de l’interdiction en 1759, la demande est présente mais le savoir-faire est perdu en France.

Christophe Philippe Oberkampf.

Allemand luthérien issu d’une famille de teinturiers, il est formé en Suisse avant de rejoindre une manufacture de Mulhouse réputée dans la fabrication d’indiennes. Il est appelé à Paris pour reprendre un atelier des Gobelins en 1759. Il ne tarde pas à transférer la manufacture à Jouy-en-Josas et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la ville borde la Bièvre qui procure une eau d’une composition parfaite pour le traitement des toiles. D’autre part, il se trouve ainsi à proximité de Versailles et de sa cour, emplacement fort stratégique pour tout entrepreneur de belles choses. Les débuts sont difficiles mais le succès ne tarde pas trop à venir. En 1783, la manufacture devient royale et elle sera parmi les trois plus importantes entreprises françaises sur la fin du XVIIIè siècle et le début du XIXè. Du vivant de celui qui est devenu le baron Oberkampf, la manufacture de Jouy prospère. Ses successeurs ne parviendront malheureusement pas à tenir face à une concurrence toujours plus importante. Elle ferme en 1843.

Qu’est-ce que la toile de Jouy ?

Le nom est depuis longtemps tombé dans le domaine public et désigne l’emblématique toile de coton française « à personnages ». La toile de Jouy telle qu’elle a été initiée par Monsieur Oberkampf est une toile de coton, blanche ou écrue, sur laquelle on imprime un motif monochrome, à l’origine dans les tons gris, rouges ou bleus. Ce sont ces monochromes typiques que l’on retrouve dans les éditions Oberkampf de Le Lissier. Les motifs sont floraux, très souvent historiés avec des thèmes issus de la mythologie, de pastorales, des fables de La Fontaine, de romans, de jeux d’enfants, de grands événements de l’actualité de l’époque… Il est souvent dit que la toile de Jouy est la première bande dessinée de l’Histoire. Des artistes parmi les plus grands tel le peintre royal Jean-Baptiste Huet créent des dessins pour la manufacture et participent ainsi à son succès.

Technique, qualité, innovation et créativité.

La force de Monsieur Oberkampf a été de pousser le savoir-faire qu’il avait acquis plus loin. À l’origine, la technique de l’indiennage consiste en l’application de planche de bois gravées du motif sur la toile. L’impression au cadre garantit à la manufacture de Jouy une reproduction précise du motif sur l’ensemble du métrage. Monsieur Oberkampf a toujours été très soucieux d’améliorer la qualité de la production. Lorsqu’il apprend, en 1770, l’utilisation de planches de cuivre gravées, il reprend la technique ce qui lui permet de proposer des motifs plus fins et encore plus réguliers. En 1797, il développe de manière considérable la capacité de production en mettant en place l’impression à l’aide de rouleaux de cuivre gravés en creux. Certains de ces rouleaux sont détenus par des manufactures françaises encore en activité aujourd’hui. Trois ans plus tard, il intègre des machines qui gravent automatiquement les rouleaux permettant un gain de temps considérable. La production de la manufacture de Jouy, par sa qualité et sa quantité en arrive à rivaliser avec l’industrie textile anglaise en devenant la plus grande manufacture textile d’Europe !
Mais la technique pure n’est pas son seul domaine d’étude. Il donne une importance capitale à l’esthétique de ses toiles et ne cesse pour cela de chercher de nouveaux procédés. Il envoie son neveu se former auprès du chimiste Claude-Louis Berthollet ce qui bénéficiera grandement à la manufacture. En 1793, il utilise les propriétés blanchissantes du chlore nouvellement découvertes pour blanchir davantage les toiles. En 1805, il lance l’impression de dessins en blanc sur fond coloré grâce à l’utilisation de « mordants » qui dissolvent la couleur. Vous pouvez observer un motif de ce type sur l’édition Chérubin (tissu de la Maison Charles Burger), une des dernières arrivées chez Le Lissier. En 1810, son niveau découvre le vert solide qui permet d’imprimer la couleur en une fois au lieu de faire un passage en bleu doublé d’un passage en jaune. 
Grâce au savoir-faire des autres manufactures textiles qui ont suivi les innovations de Monsieur Oberkampf, la production de toile de Jouy a pu perdurer dans le respect de la méthode traditionnelle. Si elle n’est plus nécessairement fabriquée à Jouy-en-Josas, elle en garde le nom et l’identité profonde.

La toile de Jouy, l’indémodable.

Depuis ses heures de gloire avec Monsieur Oberkampf, la toile de Jouy va et vient au gré de la mode, mais elle revient toujours. On ne se lasse pas de la découvrir dans les intérieurs de lieux historiques ou adaptée à notre garde-robe. Ses codes sont restés inchangés depuis plus de deux siècles et demi. Seuls le processus, davantage industrialisé, et le style, plus coloré, audacieux et contemporain sur de nouvelles éditions, ont évolué. Quoi qu’il en soit, c’est cet esprit suranné et raffiné qui nous fait toujours revenir vers la toile de Jouy. Chez Le Lissier, elle est devenue un classique. Vous l’aimez autant que nous, et nous ne cessons d’en chiner de nouvelles pour vous faire plaisir !

1 commentaire

Bonjour,
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Je vous remercie.

Kikou 26 mars 2021

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