La basket, d’hier à aujourd’hui

Du terrain au podium, en passant par la rue, la basket est partout. D’abord destinée à la pratique du sport, la basket se porte désormais en toutes circonstances. Difficile d’ailleurs d’imaginer un monde sans le confort et la liberté qu’elle nous offre. Et pourtant, elle n’a pas toujours existé… Le Lissier remonte aux origines de la basket.  👟

L’histoire de la basket commence à la fin du 19ème siècle, à une époque où le caoutchouc est en plein essor. Au départ exclusivement réservé à l’automobile, cette matière bien particulière attire l’attention du secteur de la chaussure. Comment ? Grâce à l’invention en 1869 de la technique de « vulcanisation » de Charles Goodyear : en apportant au caoutchouc plus d’élasticité et de flexibilité, l’utilisation moderne du caoutchouc devient possible. C’est la naissance de la fameuse semelle en caoutchouc.

C’est ainsi que la Candde Manufacturing Co de New Haven se met à fabriquer les premières chaussures de sport composées de toiles et de semelles blanches en caoutchouc. Puis, d’autres industriels lui emboitent le pas, en commençant par la « United States Ruber Company ». Cette dernière crée la marque Keds en 1916 et conçoit la toute première paire de chaussures composées d’une semelle flexible. Résultat : un succès immédiat grâce au confort et à la discrétion de cette nouvelle semelle ergonomique.

L’anecdote inconnue : d’où vient le nom « sneaker » ?

Il vient de l’anglais « to sneak on » qui signifie « approcher par surprise » et rappelle donc le silence et la discrétion de ces chaussures nouvelle génération.

Un an plus tard, la marque Converse développe un modèle intemporel que nous connaissons tous : la célébrissime Chuck Taylor All Star. Lancée en l’honneur du célèbre joueur de basketball Chuck Taylor, elle est à l’origine destinée à l’entraînement physique : montante, elle promet aux sportifs un bon maintien de la cheville. Elle deviendra plus tard la basket la plus vendue de tous les temps.

Dans les années 1950, la basket commence à se démocratiser. Les frères Dassler créent les marques Adidas et Puma. La concurrence entre les marques (et les frères) s’installe et c’est le début d’une course effrénée à qui lancera la meilleure paire. La Stan Smith, la Superstar, la Gazelle, la Puma Suede, la Cortez… Tous ces modèles iconiques voient le jour à cette période. Les jeunes s’en emparent, et les portent pour accompagner leurs tout nouveaux jeans.

Cette nouvelle chaussure se retrouve par ailleurs au centre d’un évènement majeur de l’histoire. À l’époque, la ségrégation raciale sévissait aux Etats-Unis. La basket va alors devenir un symbole de contestation de cette politique raciste. Vous le savez, aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968, les athlètes lèveront leur poing gauche ganté et retireront leur paire de Puma Suede sur le podium pour montrer leur appartenance au mouvement Black Panther.

La célèbre marque Nike va elle aussi se distinguer : les années 1980, c’est l’ère des Jordan, ces baskets révolutionnaires que la NBA finira par interdire lors de ses matchs, la couleur n’étant pas conforme à celle des maillots des joueurs. Mais là encore, la basket triomphe, et tant pis si Michael Jordan doit écoper d’une amende de 5.000 $ à chaque fois qu’il porte son modèle éponyme sur le terrain.Il faudra attendre les années 1980 pour que la basket explose. Elle profite de l’influence grandissante du hip hop, du rap et de la street culture. Les amateurs de break dance se l’approprient et les rappeurs font vite des baskets un signe d’appartenance à leur communauté. La basket devient alors l’emblème d’une génération de jeunes, cools, libres et branchés.

 

 

 

En quelques décennies, la basket est devenue un moyen d’affirmer sa différence, de rejeter les codes établis et de se construire sa propre identité.

Aujourd’hui, la basket n’est plus seulement l’apanage des marques de sport. Si elle est toujours portée par des athlètes avec des technologies de pointe renforçant les appuis et protégeant le corps, elle est surtout devenue un accessoire de mode incontournable. La fameuse semelle en caoutchouc blanc se porte maintenant comme une chaussure lifestyle, que l’on aime accorder comme bon nous semble.

La basket s’affranchit de toutes les barrières sociales. Elle est à la portée de tous, hommes et femmes, riches ou pauvres, jeunes ou moins jeunes et ne cesse de compter de nouveaux adeptes. Elle se décline à l’infini, selon les marques, les styles, les envies…

L’important restant toujours, d’être « bien dans ses baskets ».